vendredi 21 octobre 2011

Out / Natsuo Kirino

 OutKirinoDans ce polar hard-boiled combinant thriller psychologique et peinture sociale, nous suivons le destin de 4 femmes d’âge mûr, dont le plus grand malheur n’est non pas d’avoir du sang sur les mains, mais tout simplement d’être nées femme dans une société qui leur reconnaît peu de droits. En effet, ces femmes, à la vie plutôt misérable, vont se transformer et se révéler à travers le meurtre de Kenji, le mari de l’une d’entre elles. La romancière excelle dans l’observation des relations humaines à travers le portrait collectif de femmes meurtries, dont les liens pervertis par le meurtre ne vont cesser d’évoluer au fil de l’intrigue, entre solidarité féminine, appât du gain, haine des hommes, amertume et désespoir. L’absence totale de manichéisme permet au lecteur de se sentir complice avec elles, bien que cette complicité soit complètement tordue. D’autre part, l’auteur dépeint avec un réalisme saisissant le « Japon d'en bas », où la précarité de l’emploi est de mise, où la femme au foyer n’a aucune indépendance financière vis-à-vis de son mari, où les magouilles yakuzas ont pignon sur rue, où la xénophobie est palpable et où la solitude glace les êtres. Ce thriller à l’atmosphère étouffante développe l’argument dérangeant selon lequel le meurtre est vécu comme la seule issue envisageable face aux frustrations accumulées par des personnages broyés dans un système de plus en plus malade.

A lire moins pour son intrigue que pour son tableau sans concession de la condition féminine japonaise.

 

Posté par MediatekChatou à 11:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Out / Natsuo Kirino

  • Out de Natsuo Kirino

    Au départ, difficile de rentrer dans cette histoire incroyable. Un meurtre odieux, trois personnages à la personnalité propre, l'une qui attire la pitié, l'autre qui nous "tape sur les nerfs" et la troisième au fort caractère manipulant plus ou moins les autres, mais dont on ne comprend pas les motivations réelles. Puis on se prend au jeu de la lecture. Là encore, est-ce le reflet de la classe ouvrière avec ses difficultés? Nuls doutes. La question est : a-ton vraiment envie de savoir jusqu'où on peut aller ? Se dépasser, jusqu'où ?
    A vous de vous faire votre opinion...

    Posté par courou, mercredi 11 janvier 2012 à 21:30 | | Répondre
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